MERE -MEDITERRANEE - Caravanne Per a Pace | Per a Pace

MERE -MEDITERRANEE - Caravanne Per a Pace

2026-08-12

La caravane Per a Pace a repris la route cet été aux côté de  Roland NIVETet de Fatima ZEDIRAT, porte-paroles du MOUVEMENT DE LA PAIX. 

Elle est allée à la rencontre de jeunes de 15 à 17 ans en vacance dans les centres CCAS de Borgo de Porto-Vecchio et d'Ajaccio /  Porticcio (La Veta et Marinca) pour dialoguer avec eux autour de la Paix, du Désarmement nucléaire, de la Solidatité et de l'Engagement citoyen.

Ces échanges ont nourri la réflexion pour la rédaction d'un Manifeste pour la Paix co-signé par les associations PER A PACE et LE MOUVEMENT DE LA PAIX.

 

 

Manifeste de Marinca, Corse

Mouvement de la Paix et Per a Pace-Pour la Paix

Mardi 11 août 2026

 

Nous sommes à un tournant décisif de l'histoire de l'humanité. Guerres et conflits s'étendent inexorablement et les populations civiles en sont les premières victimes.

Dans ces confrontations, la Méditerranée porte son fardeau et est devenue la route la plus dangereuse au monde pour celles et ceux qui poussés par l’exode tentent de la traverser.

Un sentiment de bascule taraude les citoyens, le monde du travail et les sociétés. Les inquiétudes se multiplient.

Pourtant et malgré ce constat alarmant, nous assistons à une montée en force des résistances citoyennes. Partout les peuples, très souvent dans l’indifférence des pouvoirs politiques, se dressent et résistent. Le mouvement protestataire devient mondial.

 

Le CONSTAT: quelques chiffres et explications, pour mieux comprendre et résister :

 Les dépenses militaires mondiales atteignent des niveaux jamais atteints : Selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), elles cumulent près de 2900 milliards de dollars en 2025, contre environ 840 milliards en l'an 2000. En vingt-cinq ans, elles ont donc plus que triplé.

 

À l'échelle de l'Union Européenne, les dépenses militaires ont augmenté de 62 % entre 2020 et 2025, tandis que le plan ReArm Europe prévoit 800 milliards d'euros supplémentaires. 

 

En France aussi, cette évolution est visible. On ne peut que constater avec consternation cette dérive, comme en témoigne la loi de programmation militaire votée par le Parlement français en août 2023 et abondée  en juillet 2026 : 436 milliards d’euros pour la période du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2030, soit 1975 euros la seconde, durant les sept années. Ces chiffres sont vertigineux.

 

Cette situation nous inquiète particulièrement d’autant qu’en Corse, la base militaire de Solenzara est utilisée par l’OTAN pour ses opérations en Afrique et en Méditerranée. Avec la nouvelle loi de programmation militaire, Solenzara voit sa position renforcée et devient « un point d’ancrage stratégique pour les armées ».

Dans le même temps, alors que les armes nucléaires sont illégales, dangereuses, couteuses, et immorales, les neuf pays officiellement ou de facto dotés de l'arme nucléaire et non signataires du Traité sur l'Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) modernisent leurs arsenaux. Les engagements pris en faveur du désarmement sont progressivement abandonnés. Tous ces faits cumulés conduisent à une conclusion simple.

Le risque nucléaire n'appartient plus au passé. Il est redevenu une menace bien réelle pour notre présent.

Nous le constatons, le chemin actuel est celui de la peur et de la confrontation. C’est celui d'une économie de guerre où les budgets militaires progressent plus vite que les budgets consacrés à la santé, à l'éducation, à l’énergie, à la lutte contre la pauvreté ou contre le dérèglement climatique.  C'est le chemin de la domination de la force sur le droit qui ouvre la voie au racisme, à l'extrême droite et conduit vers toujours plus de guerres, toujours plus de violences et toujours plus d'insécurité.

 

Le droit international est de plus en plus contesté et L’ONU est mise en incapacité d’assurer le droit et la justice. Le « Droit de Véto » accordé à certains pays est manifestement devenu une entrave aux règlements des conflits.

 

NOS PROPOSITIONS POUR UN MONDE DE DROIT, DE JUSTICE, SANS ARMES NUCLEAIRES:

C’est dans cet esprit que nous faisons appel à la force de l’opinion publique pour construire avec d’autres une mobilisation mondiale pour la Paix.  

 Le chemin que nous proposons est celui de la coopération et du dialogue.  C’est le chemin du droit international, celui du multilatéralisme et d’une culture de la paix.  C’est celui d'une véritable sécurité humaine qui ne se mesure pas au nombre de missiles, de chars ou de sous-marins nucléaires, mais qui offre à chaque être humain la possibilité de vivre dans la dignité, d’avoir accès à l'alimentation, à l’énergie, à la santé, à l'éducation, à la culture, à un environnement préservé et à tous les droits humains. Un chemin qui oppose à la force des armes, la force du dialogue, du droit et de la diplomatie.

 

Pour cela et à cet effet :

1)     Nous dénonçons le surarmement de la planète et les sommes colossales utilisées au détriment des biens communs, des services publics, des grands enjeux planétaires liés au réchauffement climatique, à la malnutrition, à la pauvreté, aux maladies...

 

2)     Nous souhaitons un monde débarrassé de la menace militaire nucléaire. A cet effet nous soutenons l'appel mondial déjà signé par plus de 600 organisations de 99 pays pour parvenir à un monde sans armes nucléaires d'ici 2045, pour le centième anniversaire de la Charte des Nations unies et des bombardements atomiques américains sur Hiroshima et Nagasaki.

 

3)     Nous dénonçons l'aberration du "droit de veto" qui grippe le fonctionnement démocratique de l'ONU. Nous soutenons l’idée d’abolir le droit de véto et celle de réformer l’ONU. 

A la lumière des guerres actuelles au Moyen et Proche Orient et en Ukraine il est possible de mesurer l’impuissance de l’ONU dans la résolution de ces conflits. Le « Droit de Véto » ou « Droit de blocage », privilège détenu par la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis, est devenu une entrave à la résolution des conflits. Les Etats Unis l’ont utilisé récemment pour s’opposer à un accord de paix en Palestine et la Russie en Ukraine. C’est ainsi qu’un seul pays peut paralyser l’ensemble de l’organisation et l’empêcher d’intervenir dans un conflit donné. En 2015 déjà, Kofi Annan[1], ancien secrétaire général des Nations unies, alertait la communauté internationale et proposait une réforme limitant le « droit de veto ». C’est aussi ce qu’a proposé Jean Ziegler[2]. Pour lutter efficacement « contre l’ordre cannibale du monde, l’existence d’un ordre normatif international est indispensable. L’ordre cannibale, c’est la loi du plus fort, l’arbitraire du marché débridé, les inégalités, la misère et l’aliénation. » Il en conclut « que ce droit de veto doit être aboli, c’est le préalable à la renaissance des Nations unies ».

 

Ensemble, engageons-nous pour la Paix !



[1]   Kofi Annan (1938-2018) originaire du Ghana, a reçu le prix Nobel de la paix le 10 décembre 2001.

[2] Jean Ziegler (1934-2026). Universitaire, sociologue, auteur de nombreux ouvrages, vice-président du comité consultatif des droits de l’homme des Nations unies. Son dernier ouvrage Où est l’espoir a été édité en octobre 2024 aux éditions du Seuil.

811
Image1 | Per a Pace