Grande journée de manifestations unitaires Solidarité Palestine. | Per a Pace

2026-03-28

Grande journée de manifestations unitaires Solidarité Palestine.


Ajaccio, France

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    Le 28 mars prochain dans de très nombreuses villes françaises, des rassemblements et défilés sont organisés par un collectif regroupant des organisations politiques, syndicales et associatives. A Ajaccio les associations FRANCE PALESTINE SOLIDARITE et PER A PACE - POUR LA PAIX vous invitent à un rassemblement pour la Palestine LE 28 MARS 2026 à 10h à la Piazzetta Julian Assange (place baptisée ainsi symboliquement par les associations).

    La manifestation du 29 novembre 2025 avait réuni près de 50 000 personnes à Paris. Cette fois, l'objectif n'est pas de concentrer le rassemblement dans la capitale, mais de faire entendre la voix des Palestinien.nes dans chaque ville de France. Les manifestant-es porteront plusieurs revendications fondées sur le droit international ils et elles réclameront d'abord la reconnaissance du droit du peuple palestinien à l'autodétermination, ainsi que le droit au retour des réfugié-es palestinien-nes.

    Ils et elles exigent également la fin de l'occupation, de la colonisation et de l'apartheid mené par l'État d'Israël. Enfin, les organisations appellent à un cessez-le-feu définitif et à la fin du génocide en cours à Gaza.

 

Jean Alessandri militant et défensseur des droits du peuple palestinien, responsable de l’association Corsica- Palestina nous a transmis cette tribune:

 

 

 A propos du 28 mars 2026

 

    « Vos rassemblements, vos marches de soutien, de toute façon, ça ne sert à rien » : nous entendons hélas trop souvent cette phrase autour de nous.

Mais l’écrivain palestinien Thaer Abu Ayyash, lui, y voit autre chose: « Tout, ce qu’il faut pour que le mal triomphe, c’est que les gens restent les bras croisés, disait Edmund Burke. C’est par cette phrase que commence tout bataille morale contre le silence, contre l’indifférence, contre l’Histoire lorsqu’elle glisse vers un gouffre.

Dans un monde où les écrans diffusent en direct les images des massacres, le silence devient une participation et le mot « solidarité » se ternit, indigne de ce qui se déroule. Qui est solidaire de qui ? Sommes-nous solidaires de nous-mêmes ? Avec notre miroir, qui se brise chaque jour à Gaza ? Avec ce qui reste de dignité et de morale sur cette terre ?

    Il est absurde de réduire ces marches au terme de « solidarité ». Elles sont, en vérité, une proclamation historique : l’être humain ne se mesure pas à ce qu’il possède mais à ce qu’il refuse. A Gaza, la logique de l’Etat s’effondre, le droit se disloque, la raison est humiliée. Là-bas, le crime est pratiqué comme une forme de gouvernance et la vie est administrée comme une violation permanente. « L’Homme doit être vaincu pour comprendre le sens de la résistance », disait Albert Camus.

A Gaza la défaite n’est pas une fatalité mais une expérience qui produit une conscience supérieure, et qui nous oblige à ne pas regarder de loin comme des simples spectateurs.

    La marche n’est pas un acte auquel on s’adonne lorsqu’on se sent coupable mais une nécessité existentielle. C’est un moment où le corps s’exprime quand le discours ne parvient plus à dire, où l’être humain retrouve sa voix lorsqu’on veut le réduire au silence. Ceux qui marchent dans les rues ne sont pas des sympathisants mais de combattants sans armes. Celui qui scande des slogans ne « soutient » pas Gaza : il refuse d’être complice de crimes. « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire » disait Wittgenstein, mais nous avons aujourd’hui le besoin d’inverser cette règle : ce sur quoi on ne peut se taire, il faut le crier.

    En Cisjordanie où les souffles sont étouffés par les ordres militaires, la marche devient une forme de désobéissance morale. Et à l’intérieur d’Israël où l’identité est écrasée entre une citoyenneté factice et une appartenance interdite, la marche devient une déclaration symbolique : « Je suis ici et je ne serai pas réduit à un passeport ». Chaque fois qu’un groupe, petit ou grand, descend dans la rue, il dit au monde : nous ne sommes pas des chiffres dans les rapports des Nations Unies, nous sommes des êtres humains, de chair, de sang et de colère ; dans le monde, chaque pancarte, chaque rassemblement, chaque voix qui s’élève pour Gaza est une tentative de sauver l’être humain de sa transformation en machine silencieuse. « Celui qui n’est pas devenu fou face à ce qui se passe n’est pas sain d’esprit » écrivait Antonin Artaud. Et quiconque voit Gaza sans crier a besoin de redéfinir l’« humanité » qu’il prétend incarner.

    De ce point de vue, nous devons redéfinir la solidarité non comme un acte en soi mais comme une réponse instinctive à l’injustice.

    Lorsque Gaza est anéantie, c’est notre existence morale en tant qu’être libres qui est menacée. Lorsque les enfants sont affamés, la conscience de quiconque détourne le regard est remise en question. Lorsque les maisons sont bombardées, c’est une part du sens en nous qui est frappée. « Je pense donc je suis » disait Descartes. Aujourd’hui, nous, nous dire : « je refuse donc je suis ». Car le moment n’est plus aux calculs. C’est un moment de salut. Un moment où l’on sauve de la déformation, de l’engourdissement, de la neutralité face au mal.

    Ceux qui marchent aujourd’hui à Ramallah, Haïfa, en Espagne, à Paris, Berlin, à Ajaccio, ne pratiquent pas des rituels : ils fondent du sens. A une époque qui broie les corps et terrorise les esprits, la marche demeure une des formes de résistance, l’une de nos dernières manières primitives de dire NON.

    Ainsi nous ne descendons pas dans la rue seulement par solidarité avec Gaza mais par solidarité avec nous-mêmes. Car si nous nous taisons, nous devenons, nous aussi, une partie prenante du massacre.

    Ainsi parle Thaer Abu Ayyash, écrivain palestinien ; Et nous sommes de son avis.

 

Jean Alesandri

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